Dernières Nouvelles d'Alsace, 21 février 2010

Sur l'état de l'Union.

C'est en couleurs et dans de grands formats presque tous verticaux, que Pascal Bastien nous convie à une promenade photographique, sociologique et Européenne à la Médiathèque André Malraux de Strasbourg.

Plus l'Europe s'unifie, plus ses paysages se standardisent. Comment en un coup d'oeil, se savoir à Stockholm, Madrid ou Dublin?
Partant de ce constat, Bastien, voyageur impénitent, a cherché similitudes et différences dans les images qu'il a faites récemment en traversant 18 des 27 pays que compte l'Union Européenne. Ses instantanés sans esbroufe, presque anodins, reproduisent la réalité quotidienne de « l'homo europeus » qui le matin, se rend à son travail.
A l'évidence, les photographies sont choisies de manière à brouiller les pistes. Dans les cadres, Maastricht se confond avec Eisenstadt et Varna pourrait être au Luxembourg. Les rues commerçantes, se clonent du nord au sud, uniformisent leurs enseignes, minimisent leur architecture. Pour corser l'affaire, le visiteur devra déplier patiemment chacune des légendes indispensables à situer géographiquement l'image.
Au centre de la salle, une fresque de dix tirages accolés, montre autant de passages pour piétons devant les quels sont arrêtés des passants et constitue une démonstration supplémentaire de l'illusion des ailleurs.
Tout en conservant la même envie de banalité feinte, le photographe argumente clairement en faveur de la campagne et d'une envie de mobilité. Loin des minéralités citadines il retrouve son regard tendre pour croquer un hobo chapeauté qui semble avoir sauté d'un train vieillot en Moldavie Roumaine. A se savoir cadrées, deux jeunes filles à Kaunas pouffent en lituanien.
Enfin, en Bulgarie, une paire de jambes féminines délicates et bronzées donne envie de rejoindre au plus vite le compartiment d'un train.
Subtilité et clin d'oeil, manière harmonieuse surtout, pour Pascal, de conclure ce discours sur l'état de l'Union.

C.L-S.

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